« Artisans: des pros de la réparation »

Article paru dans l’Info Magazine Limoges, N°1573, du Lundi 28 Novembre 2016

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> Corinne Mérigaud

> Photos Crédit:  Yves Dussuchaud, Vent de passion, F. Saintonge, Fotolia

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Interview de 3 Répar’acteurs !

« BIEN CHAUSSÉ

Pour Fabrice Saintonge, la réparation est son quotidien depuis vingt-cinq ans. Devenu cordonnier par hasard, cet artisan installé à Feytiat a été formé par un ancien. « J’aime mon métier et le contact avec les clients, c’est très plaisant assure-t-il. Je répare également les sacs et les vêtements en cuir mais aussi des blousons de moto ». Sa clientèle fidèle réside dans un rayon de 15 km et semble sensibilisée à cette démarche.
« Les clients sont réceptifs, ils ont pris les flyers pour contacter d’autres réparateurs et demander des devis. Ils ont pris conscience que tout n’était pas jetable, il est parfois plus intéressant de réparer pour faire des économies, bienvenues en ce moment ». Fabrice répare majoritairement des chaussures d’hiver pour lesquelles ses clients ont déboursé 200 € ou plus. « Elles sont tout cuir, de très bonne qualité et de marque comme Weston ou Church’s réputées pour leur cousu main précise-t-il, les gens veulent les porter longtemps. Je peux donc intervenir plusieurs fois sur une paire, changer les semelles, les talons ou les premières. Une paire de patins vaut de 15 à 50 €, les chaussures peuvent alors durer des années à condition d’être entretenues et réparées ». »

« VENT NOUVEAU

En activité depuis trois ans et demi, Tiphanie Le Gal répare des instruments à vent dans son atelier « Vent de passion » avenue Garibaldi, un métier qui reste méconnu. « Nous ne sommes que deux artisans spécialisés dans ce domaine en Limousin et adhérer à cette charte permet de faire découvrir mon métier à un public plus large grâce à l’annuaire en ligne estime-t-elle. C’est une bonne idée d’avoir regroupé les artisans de la réparation, cela facilite la tâche aux gens qui cherchent des métiers spécifiques. J’ai obtenu le label voilà six mois et régulièrement, de nouveaux clients me contactent ». Avec les élèves des conservatoires et écoles de musique, les musiciens des harmonies et bandas, Tiphanie ne manque pas de travail.
« L’entretien annuel est un budget important pour un musicien surtout s’il joue en extérieur, l’instrument s’abîme plus vite, il prend des chocs et il est obligé de le faire réparer vu le prix d’un instrument ». »

« RASÉ DE PRÈS

Chirurgien des rasoirs et tondeuses, Christian Mézille s’est engagé dans la démarche « Répar’acteurs » naturellement puisqu’en trente ans de carrière, il a autopsié et redonné vie à des milliers d’objets. Dans sa Clinique du Rasoir ouverte depuis 1963 et reprise en 1999, il a vu passer toutes sortes de bobos, tête déboîtée, grille coupée, couteau usé… Au fil des ans, les interventions sont plus complexes. « Philips fabrique très peu de pièces détachées, c’est un véritable scandale s’insurge-t-il, et il faut attendre deux mois pour qu’elles arrivent en pirogue du pays du soleil levant ! Le groupe DIS qui regroupe Rowenta, Calor, Seb et Moulinex a fait machine arrière et garantit la fourniture de pièces détachées pendant dix ans. Chez Braun, des pièces sont toujours disponibles. Moser est le seul à en proposer au détail pour ses tondeuses, les délais sont courts et j’en répare de plus en plus avec la mode de la barbe de trois jours. Heureusement que j’ai un stock conséquent de vieilleries ! ». Les réparations sont parfois à la limite de la rentabilité en raison des prix prohibitifs de certaines pièces. « Des clients font parfois réparer pour éviter le gaspillage. Avant, je remplaçais des moteurs d’aspirateur aujourd’hui, c’est rare sauf pour un Electrolux ». Quant au label « Répar’acteurs », il semble bien perçu par ses clients. « Certains l’ont vu, d’autres m’en ont parlé, j’ai eu quelques retombées, cela apporte toujours un plus ». L’an prochain, Christian Mézille passera le relais à son successeur, retraite oblige. »